Cicatrices et adhérences : quand une ancienne cicatrice mérite encore notre attention

26/10/2025

Une césarienne, une opération, une chute, une blessure…

Avec le temps, la peau se referme et la cicatrice devient souvent plus discrète. Pourtant, même plusieurs mois ou plusieurs années après, certaines personnes continuent à ressentir autour de cette zone une sensation de tiraillement, de raideur, de sensibilité ou simplement l'impression que « ça ne bouge plus tout à fait comme avant ».

Toutes les cicatrices ne posent évidemment pas problème. Mais elles font partie de l'histoire du corps et peuvent parfois mériter que l'on s'y intéresse.

Que se passe-t-il lorsqu'une cicatrice se forme ?

Lorsqu'un tissu est lésé, le corps met naturellement en place un processus de réparation.

De nouvelles fibres, notamment de collagène, sont produites afin de reconstruire et consolider la zone. Au fil des mois, la cicatrice continue ensuite à évoluer et à se remodeler.

Une cicatrice peut ainsi devenir progressivement plus souple, plus claire et moins sensible.

Chez certaines personnes, elle peut cependant rester plus épaisse, adhérente, sensible ou donner une sensation de tension lors de certains mouvements.

Il est important de distinguer la cicatrice que l'on voit sur la peau des adhérences internes qui peuvent, notamment après certaines interventions chirurgicales abdominales ou pelviennes, se former entre différents tissus ou organes.

Ce ne sont pas exactement les mêmes phénomènes et leur prise en charge n'est pas la même.

Une cicatrice peut-elle provoquer des sensations longtemps après ?

Oui, une ancienne cicatrice peut parfois rester sensible.

Certaines personnes décrivent par exemple :

  • une impression que la peau « tire » ;

  • une zone moins souple au toucher ;

  • une sensibilité inhabituelle ;

  • un inconfort lors de certains mouvements ;

  • une sensation de tension autour de la cicatrice.

C'est quelque chose que l'on peut notamment retrouver après une césarienne, une chirurgie abdominale ou orthopédique, mais aussi après certaines blessures.

Cela ne signifie pas pour autant que toute douleur située à proximité d'une ancienne cicatrice vient forcément de celle-ci.

Notre corps est complexe et une douleur persistante peut avoir de nombreuses causes. Il est donc préférable d'éviter les raccourcis du type : « cette ancienne cicatrice explique toutes mes douleurs ».

Lorsqu'un symptôme est important, récent, persistant ou inhabituel, un avis médical reste nécessaire.

Et les adhérences internes ?

Après certaines chirurgies, notamment abdominales, des adhérences peuvent se former à l'intérieur du corps.

Il s'agit de tissu cicatriciel pouvant relier entre elles des surfaces qui, normalement, glissent les unes par rapport aux autres.

Elles sont relativement fréquentes après certaines opérations et, dans la majorité des cas, elles ne provoquent aucune complication.

Lorsqu'elles deviennent symptomatiques, leur évaluation et leur prise en charge sont médicales.

Une douleur abdominale importante, des vomissements, un ventre très gonflé ou une impossibilité d'émettre des gaz ou des selles nécessitent notamment une consultation médicale rapide.

Il est donc important de ne pas confondre une sensation de tension autour d'une cicatrice cutanée avec le diagnostic d'une adhérence interne.

Pourquoi s'intéresser malgré tout à une ancienne cicatrice ?

Une cicatrice est une zone qui a dû s'adapter à une blessure ou à une intervention.

Une fois complètement cicatrisée, il peut être intéressant d'observer simplement comment elle se comporte :

Est-elle souple ?
Est-elle sensible ?
Existe-t-il une sensation de tiraillement ?
Certains mouvements sont-ils moins confortables ?
La zone est-elle devenue difficile à toucher ?

Ce sont parfois de petites sensations auxquelles on ne prête plus attention parce que l'intervention est ancienne.

Pourtant, les évoquer peut être utile lorsqu'on cherche à mieux comprendre son ressenti corporel dans son ensemble.

Peut-on masser une cicatrice ?

Une fois la plaie complètement refermée et cicatrisée, le massage est parfois conseillé par les professionnels de santé afin d'assouplir une cicatrice et d'améliorer la mobilité des tissus.

Mais toutes les cicatrices ne nécessitent pas les mêmes soins.

Après une intervention chirurgicale récente, mieux vaut suivre les recommandations du chirurgien, du médecin, du kinésithérapeute ou de l'équipe qui assure le suivi avant de commencer à masser la zone.

Et le geste n'a pas besoin d'être agressif.

Une cicatrice n'est pas quelque chose qu'il faut absolument « casser », « décoller » ou faire disparaître. La douceur et la progressivité ont toute leur place.

Quelle place pour la Somatopathie ?

Lors d'une séance, je m'intéresse à l'ensemble du corps et à son histoire.

Une ancienne intervention chirurgicale, une césarienne, une blessure ou une cicatrice peuvent donc faire partie des éléments dont nous discutons ensemble, même lorsque l'événement remonte à plusieurs années.

Lorsque la cicatrice est complètement guérie, la zone peut également être prise en compte dans mon observation globale.

Avec la Méthode Poyet, le travail reste très doux. Il ne s'agit pas de forcer sur la cicatrice ni de prétendre faire disparaître une adhérence interne.

L'approche consiste plutôt à considérer la zone dans l'ensemble du corps, notamment lorsqu'une personne décrit une sensation locale de tension, de raideur ou d'inconfort.

La Somatopathie ne remplace évidemment ni le suivi chirurgical ni une prise en charge médicale lorsqu'elle est nécessaire.

Une cicatrice fait aussi partie de notre histoire

Certaines cicatrices passent complètement inaperçues avec le temps. D'autres restent sensibles, visibles ou chargées d'un souvenir particulier.

Une cicatrice peut rappeler une opération, une naissance, un accident, une période difficile ou au contraire un événement très attendu.

Il n'est pas nécessaire de lui chercher systématiquement une signification cachée.

Mais il peut être intéressant de ne pas l'oublier complètement lorsque l'on observe son corps et ses sensations.

Prendre soin d'une cicatrice, c'est parfois simplement lui redonner doucement de la mobilité, apprivoiser à nouveau le contact avec cette zone ou comprendre pourquoi certains mouvements restent inconfortables.

Le corps garde les traces de ce qu'il a traversé. Cela ne signifie pas que ces traces déterminent notre santé, mais elles peuvent faire partie des éléments à écouter lorsque l'on cherche à mieux comprendre son corps.

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